Sources et méthodes

Sources

Le projet bnv est essentiellement établi sur des documents originaux, qui sont principalement manuscrits, qu'ils aient déjà été transcrits ou non. Dans le premier cas les originaux servent à vérifier les transcriptions existantes et, si nécessaire, à les rectifier. Dans le second leur transcription est inédite.

Pour la plupart les documents proviennent des Archives Historiques régionales de la Vallée d’Aoste (Archivio storico regionale), pour certains des Archives d'Etat de Trente (Archivio di Stato, Trento), Turin (Archivio di Stato, Torino), et de Rome (Archivio di Stato, Roma), également des bibliothèques diocésaine (Biblioteca Diocesana Tridentina) et communale de Trente (Biblioteca communale di Trento), ainsi que d’archives privées.

Leur invention, réunion et transcription constituent donc un objet propre aux auteurs et exclusif.

Transcription

C'est peu dire que les corpus et les usages cinq siècles en arrière ne nous sont plus familiers. 

La première difficulté est donc constituée par les bibliothèques elles-mêmes, c’est-à-dire la culture qui les sous-tend et la variabilité des formes dans lesquelles chaque époque l'exprimait, en un temps, le nôtre, plutôt doué pour laminer les différences au bénéfice d’un fond et de formes uniques admis universellement. 

La deuxième est que ces bibliothèques nous parviennent de façon manuscrite, c'est-à-dire de façon tributaire des adaptations personnelles normales des traditions d'écriture en usage que fait la main qui les écrit avec les moyens dont elle dispose. 

La troisième tient au système d’abréviations utilisé, dont le fond commun est diversement tracé suivant les époques, les langues, les régions, les domaines d’activité et les scribes eux-mêmes. 

La quatrième est que ceux-ci sont rarement placés dans les conditions intemporelles associées à l’imagerie muette des moines dans leur activité copiste. Aux XVe, XVIe et XVIIe siècles il s’agit d’inventaires, et non de catalogues. Ces inventaires sont le plus souvent rédigés à la hâte en fonction des circonstances ou des exigences, et aussi de leur généralité, puisqu’ils concernent l’ensemble des biens meubles d’un ou plusieurs édifices  (succession de René de Challant en 1565). Les livres n’en forment qu'une faible partie, n'apparaissant qu’en fonction des pièces dans lesquelles ils se trouvent, parfois épars, et pas considérés par les rédacteurs des listes autant que les objets précieux, sauf quand leur teneur et leur reliure les désignent comme tels (Bible polyglotte, missel de famille). L’ampleur de la tâche dans un temps d’autant plus limité qu’il est soumis, il faut le rappeler, aussi et notamment aux conditions climatiques et d’éclairage (commencé le 15 décembre 1617 l’inventaire des meubles du château d’Issogne ordonné par Charles-Emmanuel de Madruce, 8ème comte de Challant  a été terminé le 2 janvier 1618) explique que, même opérant à deux ou à trois et même en alternant entre eux dictée et rédaction, et donc en mêlant des écritures différentes, les clercs parent au plus pressé et ajoutent au système abréviatif leurs propres abrégés.

 

Méthodes

Cette course à la brièveté, qui trouve aussi ses racines dans les langues présentes ou pratiquées et la longueur des titres ou leurs artéfacts fait que les éléments d’identification des ouvrages sont parfois très insuffisants. Le cas extrême de la dénomination générique, une «chronique allemande», est ainsi difficilement rapportable à un ouvrage précis d’origine, même si elle est assortie d’une date. 

Identification

La variabilité ancienne des graphies des langues, suivant les éditeurs, les lieux d’édition et les éditions perturbe l’identification d’autant qu’il s’agit non de catalogues, mais d’inventaires et d’inventaires généraux, quasi indifférents aux particularités de l’objet livre, alors qu’en face le catalogage actuel des bibliothèques oppose ses représentations normées. Pour exemple il n'est pas immédiatement évident de retrouver à partir de l'intitulé Emanuelis Suelti de varijs floribus qu'il s'agit de l'ouvrage d'Emanuel catalogué "Sweerts" et dont le titre dans l'édition de Francfort en 1612 est :Florilegium Emanuelis SweertI ... tractans de variis floribus, et aliis indicis plantis..

Néanmoins, pour la plupart, les intitulés inventoriés dans les siècles passés ont pu être retrouvés dans les catalogues en ligne des bibliothèques italiennes, françaises et allemandes. Pour certains, les indications soit de l’inventaire étudié, soit des inventaires ultérieurs, permettent d’accéder à l’édition même de l’ouvrage concerné. Pour la majeure partie des autres, plutôt que de référer à l'édition princeps, l’attribution a été imaginée en considérant la période de la bibliothèque, sa localisation, la personne et le statut de son possesseur, la diffusion géographique de l’édition à l’époque, repérable à sa présence «générale» dans les divers grands fonds publics actuels, et particulière dans les fonds à proximité. Il s’agit alors de propositions « vraisemblables », et non d’éditions « assurées ». Mais par leur teneur elles donnent en dépit de leur virtualité une représentation plausible des bibliothèques considérées.

La raison de ces recherches est que l'étude se donne pour objet d'être qualitative et quantitative. 

Base de données

Ainsi avec l'identication il est possible de construire des bases de données rendant accessibles à toute personne ce que pouvait être la composition détaillée des bibliothèques nobiliaires considérées et quelles évolutions chacune reflète comparée aux autres. Ces bases répertorient le lieu de la bibliothèque, le personnage auquel elle appartient, la date de l’inventaire, l’intitulé de l’ouvrage dans l’inventaire, la place qu’il y occupe, le titre de l’édition  attribuée et, en suivant, les éléments descriptifs habituels ainsi que la référence aux portails ou catalogues des institutions qui ont permis l’identification. Y sont ajoutées, quand c’est possible, les vignettes de la page de titre ou de l’incipit ainsi que de la première page de la table des matières.

Par ailleurs, ces bases permettent, outre une étude historique de caractère «littéraire» des bibliothèques concernées et un traitement statistique quantitatif de leur ensemble, traitement statistique simple (distribution des lieux d’édition en Europe) ou bien complexe (Analyse Factorielle des Correspondances AFC).

Enfin, portant sur les tables des matières et/ou index des ouvrages, l'étude cherche à affiner les analyses thématiques plus simples réalisées à partir des titres et des thèmes des ouvrages. Elle permet, par l’étude précise du vocabulaire (ramené au français), de savoir de quoi et comment les différents ouvrages traitent des différents thèmes présents.